Dominik Imhof


Chez Valentina Pini, le travail avec les matériaux est bien plus qu’un simple jeu. Avec une rare persévérance, l’artiste analyse les qualités et l’apparence de diverses matières pour leur donner toute leur visibilité. Ainsi, ses branches noires qui gisent sur le sol ne sont pas en bois calciné mais en réglisse. L’aspect cassant et naturel du bois carbonisé contraste fortement avec la consistance caoutchouteuse de ces formes sinueuses en réglisse. Dans „From Raisins Space“, c’est une boule couleur ambre qui irrite l’œil du spectateur. Fabriquée en raisins secs, elle y gagne extérieurement en opacité et en matité, mais du coup, sa sphéricité est loin d’être parfaite. Au contraire : ce morcellement confère à la surface un aspect crevassé. Dans „Riflesso“, l’artiste présente une image trompeuse du même type : l’objet se compose d’une feuille d’aluminium froissée et réfléchissante, entourée d’un cadre en bois de style rustique. Cette feuille, qui évoque un miroir, avait servi auparavant à envelopper un œuf de Pâques. Elle était donc préexistante, tout comme les plis.
Parallèlement aux objets, qui ne sauraient être considérés isolément par rapport aux autres œuvres, elle réalise des dessins sur papier à l’aide d’un porte-mine Rotring. Là encore, les structures de surface jouent un rôle important à côté des contrastes entre dureté et mollesse, nature et artifice. Les dessins vont de pair avec les sculptures – soient qu’ils émanent d’elles, soit qu’ils les annoncent sur le mode associatif.

 

[ Version allemande ]

Die Arbeit mit Materialien ist im Schaffen von Valentina Pini weit mehr als nur eine Spielerei. Beharrlich analysiert die Künstlerin Eigenschaften und Aussehen verschiedener Stoffe und macht diese augenfällig. So bestehen die auf dem Boden liegenden schwarzen Äste nicht etwa aus verbranntem Holz, sondern aus Lakritze. Das Brüchige wie auch Natürliche des verkohlten Holzes kontrastiert auf frappante Weise mit der gummiartigen Konsistenz der Lakritzeschlangen. In „From Raisins Space“ ist es ein bernsteinfarbener Ball, der den Betrachter irritiert. Geformt hat Pini diesen aus Rosinen. Der Ball erhält eine zwar opake, matte Oberfläche, stellt aber keine perfekt geschlossene Kugelform dar. Im Gegenteil: Die Oberfläche erhält eine zerklüftete Form mithilfe ihrer Kleinteiligkeit. Ein ähnliches Trugbild präsentiert sie in „Riflesso“, einem Objekt aus zerknitterter, spiegelnder Folie mit Holzrahmen in rustikalem Stil. Was als Spiegel erscheint, besteht aus einer vorgefundenen Folie, in der ein Osterei eingepackt war, d.h. die Falten sind ebenfalls vorgefunden.
Neben den Objekten, jedoch nicht vollkommen isoliert von diesen zu betrachten, entstehen Zeichnungen mit einem Rotring-Stift auf Papier. Oberflächenstrukturen spielen auch hier eine wichtige Rolle neben Kontrasten von hart und weich oder natürlich und artifiziell. Die Zeichnungen gehen Hand in Hand mit den plastischen Objekten, entstehen aus diesen oder bereiten sie assoziativ vor.

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